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Pas envie de courir aujourd’hui ? Et si vous alliez au sauna ?

Pas envie de courir aujourd’hui ? Et si vous alliez au sauna ?
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Mon travail consiste à étudier les effets de l’exercice sur le corps. Il n’est donc pas surprenant que, lorsque je ne suis pas occupé au laboratoire, je me rende à la salle de sport ou que je m’adonne à la course à pied. Beaucoup de mes contemporains ont plus de difficultés à sortir et faire du sport. Il faut dire que le rythme quotidien n’aide pas à garder un mode de vie sain et actif.

En outre, même pour quelqu’un d’aussi sportif que moi, s’adonner à l’exercice n’est pas toujours agréable. Pour améliorer ma forme et espérer rester en bonne santé, je dois me faire violence sans cesse, endurer fatigue et inconfort… Au point qu’une question a fini par me trotter dans la tête : pourrait-il qu’une visite au sauna ou un bain bien chaud procure les mêmes bénéfices qu’une séance de sport ? Lorsque j’ai commencé à tenter de répondre à cette interrogation, j’ai découvert qu’elle n’était pas si absurde. Examinons ce qu’en dit la science.
On entend souvent dire que l’exercice physique est un bon médicament, à juste titre. C’est en effet l’un des meilleurs moyens de rester en bonne santé. Mais pour qu’un médicament fonctionne, encore faut-il le prendre… Or l’adhésion à l’exercice est très faible, nombre de gens ne voulant pas ou ne pouvant pas en faire, par manque de motivation ou de temps. En outre, chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, l’exercice peut également provoquer des douleurs, ce qui, pour des raisons évidentes, le limite encore davantage.

Dans le monde, environ 25 % des adultes n’atteignent pas les niveaux d’activité physique minimum recommandés, à savoir 150 minutes d’activité d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité d’intensité vigoureuse par semaine, ou une combinaison des deux. Au Royaume-Uni, les chiffres sont pires encore : environ 34 % des hommes et 42 % des femmes ne respectent pas ces recommandations. Malheureusement, ces niveaux élevés de sédentarité seraient liés à environ 11,6 % des décès annuels dans le pays.

Alors que bon nombre d’entre nous travaillent dans des bureaux de neuf heures du matin à cinq heures de l’après-midi, et où la plupart de nos tâches quotidiennes peuvent être accomplies par un simple clic sur un bouton, on comprend facilement comment la modernisation des sociétés a conduit à une augmentation de la sédentarité. Il est donc urgent de trouver des stratégies alternatives – que les gens seraient prêts à suivre – pour améliorer la santé. C’est notamment la raison pour laquelle j’étudie les effets des bains chauds et des saunas sur le corps humain.

Tout au long de l’histoire de l’humanité, de nombreuses cultures dans le monde ont utilisé la thérapie par la chaleur pour améliorer leur santé. Cependant, jusqu’à récemment, les bienfaits des bains étaient largement considérés comme anecdotiques et dépourvus de bases scientifiques. Les choses ont changé au cours des dernières décennies, les preuves s’accumulant : nous savons aujourd’hui que prendre régulièrement des bains dans un sauna ou un jacuzzi peut aider à réduire le risque de maladies cardiovasculaires – et pourrait avoir également d’autres avantages pour la santé.

Des gens se baignent dans un lac fumant.
Les Islandais ont une riche histoire de baignade dans les lacs de sources chaudes du pays.
Doin/Shutterstock.com

Notre récente revue de la littérature scientifique a révélé que se rendre au sauna ou prendre un bain chaud régulièrement peut avoir des effets bénéfiques sur la santé similaires à ceux procurés par un exercice aérobique d’intensité faible à modérée, comme la marche, le jogging ou le cyclisme. À première vue, comparer un bain chaud ou un sauna avec la pratique du jogging peut sembler étonnant – après tout, le premier a tendance à être considéré comme relaxant et le second comme fatigant – mais leurs effets sont plus similaires que vous ne l’imaginez.

Pour vous en rendre compte, la prochaine fois que vous vous trouverez dans un bain chaud, une baignoire ou un sauna, prenez le temps d’écouter votre corps. Une fois immergé, une agréable sensation de chaleur augmente votre température corporelle, vous avez chaud, vous commencez à transpirer… Cette sensation s’accompagne d’une élévation subtile du rythme cardiaque. Cela vous rappelle quelque chose ? Exactement : ces réactions corporelles se produisent également pendant l’exercice.

En tant que membre d’un groupe recherche à l’Université de Coventry, j’ai comparé les similitudes et les différences entre les réactions physiologiques résultant de la pratique de l’exercice physique et d’une augmentation de température. Pour ce faire, j’ai demandé à des volontaires de prendre un bain chaud pendant un temps donné, ou faire du vélo (avec une intensité modérée) sur une durée équivalente. Si l’exercice est plus apte à augmenter la dépense énergétique, nous avons constaté des élévations comparables de la température corporelle et de la fréquence cardiaque dans les deux cas.

Un homme connecté à un équipement médical s’assoit dans un jacuzzi.
Mesure de la fréquence cardiaque, de la dépense énergétique par échange gazeux et du débit sanguin artériel par ultrasons.
© Charles Steward, Author provided

Les similitudes ne s’arrêtent pas au ressenti physique. En effectuant des échographies des artères, on observe également des augmentations similaires du flux sanguin dans les deux cas.
Il est important de noter qu’en dehors du laboratoire, des études observationnelles de long terme ont révélé que l’application de chaleur au repos (ce que les universitaires appellent « chauffage passif »), est une façon plaisante, pratique et efficace d’ améliorer la santé.

Attention cependant : comme le dit l’adage, « si cela semble trop beau pour être vrai, c’est probablement le cas ». Avant d’envisager d’annuler votre abonnement à la salle de sport et d’investir les économies ainsi réalisées dans la construction d’un jacuzzi, sachez que ni les saunas ni les bains réguliers ne sont en mesure de remplacer les nombreux avantages pour la santé que procure l’entraînement physique, tels que la diminution des graisses ou l’augmentation de la masse musculaire. Le recours aux bains chauds ou au sauna ne doit pas donc pas être considéré comme un substitut à l’exercice physique. En revanche, il en mime certains bénéfices pour la santé ; de ce fait, nous pensons qu’il peut améliorer la santé lorsqu’il est utilisé conjointement avec la pratique sportive.

Du Japon à la Rome antique

S’asseoir et transpirer dans des sources d’eau chaude ou dans des pièces emplies de vapeur est une activité qui se retrouve dans de nombreuses cultures à travers le monde, et ce depuis des millénaires.

L’amour des Romains pour les bains chauds est notoire. Se baigner dans des thermes de quartier – des bains communautaires – était considéré comme une activité sociale relaxante. D’autres pratiques similaires ont été observées ailleurs dans le monde. Citons par exemple les onsen (bains de source chaude), éléments centraux de la culture japonaise, et les jjimjilbang (bains publics), courants en Corée du Sud. Ou encore le jacuzzi standard, un bain d’eau chaude à 38-40 °C dans lequel on s’immerge généralement jusqu’aux épaules, pendant une durée pouvant aller jusqu’à 60 minutes.

Un homme est assis dans une piscine d’eau chaude laiteuse sous un feuillage d’automne.
Un homme profite de la source chaude de Nyuto Onsen, Tohoku, Japon.
Burin P/Shutterstock.com

Les saunas secs traditionnels sont également populaires dans de nombreux pays nordiques, et ce depuis des siècles. Alimentés à l’origine par des feux de bois (aujourd’hui, ils sont généralement électriques), ils sont habituellement chauffés à 70-110 °C, pour un taux d’humidité variant de 5 à 20 %. Des niveaux d’humidité plus élevés sont souvent obtenus en versant de l’eau sur des pierres chauffées. Ces séances durent de 5 à 30 minutes et sont généralement entrecoupées par de courtes douches froides. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe environ 3 millions de saunas rien qu’en Finlande, alors que le pays ne compte que 5,5 millions d’habitants.

Ces différentes cultures – et de nombreuses autres, passées et actuelles, qui ont pratiqué ou pratiquent les bains chauds – vantent les bienfaits de ces activités pour la santé. Nous savons maintenant qu’elles ont raison. Les avantages ne se limitent pas à la santé physique : la « thermothérapie » peut également avoir des effets antidépresseur. À cet égard, il se pourrait que ce soit l’aspect social des bains collectifs qui importe. L’idée de se déshabiller et de se baigner ou de transpirer à proximité d’inconnus n’est peut-être pas du goût de tout le monde, mais dans les pays où les saunas ou les bains chauds font partie du quotidien, le public semble en tirer les bénéfices.

La première étude observationnelle à long terme sur le sujet jamais réalisée, menée auprès d’hommes finlandais d’âge moyen, a révélé que la fréquence des saunas était associée à une diminution du risque de maladie cardiovasculaire mortelle. Ceux qui se rendaient au sauna quatre à sept fois par semaine présentaient une surprenante diminution (50 %) du risque de maladie cardiovasculaire mortelle, par rapport aux hommes qui n’y allaient qu’une fois par semaine. La même étude a également montré que la fréquentation du sauna était associée à une diminution significative du risque de démence et de maladie d’Alzheimer. Il n’est pas si surprenant que les Finlandais qualifient les saunas de « pharmacie du pauvre »…

Deux personnes âgées assises dans un sauna en bois, les yeux fermés.
Profiter de la chaleur dans un sauna traditionnel finlandais.
Robert Kneschke/Shutterstock.com

Entre-temps, des chercheurs japonais ont montré que l’augmentation de la fréquence des bains dans chauds avait des effets protecteurs contre les incidents cardiovasculaires, mortels comme non mortels.

Attention toutefois : si ces études observationnelles de long terme illustrent bien qu’une exposition à régulière à la chaleur semble réduire le risque de maladie cardiovasculaire, il convient de souligner qu’elles ne font que mettre en évidence une association, pas une causalité. En d’autres termes, il n’est pas possible de savoir avec certitude grâce à elles si la chaleur nous protège des maladies cardiovasculaires ou si cette protection pourrait être due à un autre facteur qui aurait évolué de façon positive au fil des années, comme une amélioration du régime alimentaire ou du niveau d’activité des participants.

Cependant, si l’on considère que les maladies cardiovasculaires sont essentiellement des maladies artérielles, il est probable que l’amélioration de l’état des vaisseaux sanguins – dont nous savons maintenant qu’elle peut découler d’une thérapie thermique appliquée avec régularité – pourrait être impliquée dans la réduction du risque de maladie cardiovasculaire.

Pour en comprendre les raisons, examinons de plus près certaines des réponses physiologiques résultant d’une élévation de la température corporelle, et les avantages de long terme pour la santé qui peuvent en découler.

Chaleur et santé

Lorsque notre température corporelle commence à augmenter, notre organisme doit trouver un moyen de dissiper l’excès de chaleur. L’augmentation du flux sanguin vers la peau est l’un des principaux mécanismes mis en œuvre pour y parvenir. Il résulte en partie de la vasodilatation (élargissement) des artères et capillaires. Cette élévation du flux sanguin, que je mesure dans mon laboratoire grâce à l’échographie, favorise également la production et la libération dans le sang de diverses molécules qui aident à la croissance cellulaire, à la réparation et à la protection des vaisseaux sanguins.

Images échographiques en noir et blanc montrant le flux sanguin.
Images échographiques montrant la vitesse du flux sanguin dans l’artère carotide, avant et immédiatement après un bain dans un jacuzzi.
© Charles Steward, Author provided

Bien que les réponses physiologiques de base résultant de la pratique du sauna ou du bain chaud soient similaires, elles ne sont pas identiques. La principale différence est que les bains chauds bénéficient de l’influence de la pression hydrostatique – la force exercée par l’eau. Celle-ci favorise le retour du sang vers le cœur. Bien que cela n’ait pas encore été prouvé, il a été suggéré que cela pourrait rendre la thérapie par bain chaud plus efficace que le sauna pour améliorer la santé cardiovasculaire.

Les premières recherches sur les bienfaits de la thermothérapie pour la santé remontent à la fin des années 1990 et au début des années 2000. L’une des premières études sur le sujet a révélé que le sauna et les bains d’eau chaude, une ou deux fois par jour, cinq fois par semaine, pendant quatre semaines, amélioraient la fonction et la structure de la paroi du cœur de patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique.

D’autres recherches menées à la même époque ont porté sur les saunas infrarouges. Contrairement aux saunas traditionnels, ceux-ci utilisent le rayonnement infrarouge, afin de faire chauffer le corps « de l’intérieur vers l’extérieur », à une température de 50-60 °C, généralement sans humidité. Outre les bienfaits pour le cœur, il a été constaté que quatre semaines d’utilisation de ce type de sauna amélioraient la pression artérielle, la tolérance à l’exercice, le niveau de forme physique et réduisaient les admissions à l’hôpital.

Dans le même temps, des recherches ont aussi été menées sur les effets d’une thérapie basée sur l’utilisation quotidienne d’un jacuzzi, trois semaines durant. Elles ont montré que cette pratique permettait de réduire la glycémie chez les patients atteints de diabète de type 2. Or, un taux de glycémie élevé sur une période excessive peut causer de graves dommages aux vaisseaux sanguins. Bien que ces premières recherches aient eu des limitations méthodologiques (telles que l’absence de protocoles de chauffage standardisés), elles ont inspiré une grande partie des travaux actuels.

Plus récemment, de nombreuses études dirigées par Chris Minson, de l’université de l’Oregon, ont commencé à mettre en évidence certains des mécanismes par lesquels la thérapie par jacuzzi pourrait nous maintenir en bonne santé. Dans ces études, on a demandé aux participants de s’asseoir dans une eau à 40,5 °C pendant 60 minutes, ce qui a eu pour effet d’augmenter leur température corporelle d’environ 1,5 °C pendant 60 minutes. Cette opération a été répétée trois à cinq fois par semaine, pendant huit à dix semaines.

Après ce traitement, des améliorations de la santé des artères et de la pression artérielle ont été constatées chez des adultes sédentaires en bonne santé et des femmes obèses atteintes du syndrome des ovaires polykystiques. L’équipe a également indiqué avoir constaté des réductions d’une série de facteurs dont on sait qu’ils sont associés au risque de maladie cardiovasculaire, tels que la glycémie à jeun (taux de sucre dans le sang circulant après un jeûne nocturne), le cholestérol total (taux global de graisses dans le sang circulant) et l’inflammation chronique de bas grade (augmentation faible, mais à long terme, des cellules immunitaires), toujours chez les patientes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques.

Trois amis dans un jacuzzi.
Dans un jacuzzi, en hiver.
Monic Zrivoic/Shutterstock.com

Ces résultats indiquent que la « thérapie par jacuzzi » pourrait être bénéfique pour les personnes malades comme en bonne santé, et ce de différentes manières.

À quel point est-ce sans danger ?

Avant de sauter dans la baignoire et d’essayer de reproduire cette expérience, je tiens à préciser que les températures de l’eau et les durées mentionnées ci-dessus ne sont pas celles de votre bain quotidien. Dans une baignoire classique, la température diminue progressivement, ce qui n’est pas le cas ici. Par conséquent, lorsque j’utilise mon jacuzzi en laboratoire, je dois surveiller attentivement les volontaires qui participent à l’expérimentation, pour leur sécurité. Leur température corporelle est notamment régulièrement mesurée (à l’aide d’un thermomètre rectal), tout comme leur tension artérielle. Je vérifie également constamment si la chaleur de l’eau ne les incommode pas.

Un homme se tient sur une balance à côté d’un jacuzzi.
Évaluation de l’équilibre avant le bain, pour le comparer à l’équilibre immédiatement après.
© Charles Steward, Author provided

Quiconque est déjà resté un peu trop longtemps dans un jacuzzi ou un sauna comprend probablement pourquoi nous prenons de telles précautions. En position debout, l’exposition à la chaleur peut entraîner des vertiges, une perte d’équilibre et augmenter le risque d’évanouissement. Cela est dû à un phénomène appelé hypotension orthostatique : la combinaison de l’élargissement des vaisseaux sanguins causé par la chaleur et d’un changement de posture du corps (comme le passage de la position assise à la position debout) peut entraîner une forte baisse de la pression sanguine et une diminution du flux sanguin vers le cerveau. Ce qui peut, bien entendu, s’avérer dangereux.

Il convient également de souligner les risques de déshydratation, en situation de transpiration continue. Cela peut contribuer à l’émergence d’une sensation souvent décrite comme une « gueule de bois due à la chaleur », qui se traduit par des maux de tête et de la fatigue. Dans ces conditions, il est donc judicieux de toujours boire beaucoup d’eau. Et si vous commencez à avoir la tête qui tourne, de sortir lentement du bain ou du sauna.

Mais les avantages pour la santé ne dépendent pas uniquement du maintien d’une température corporelle élevée tout au long de l’exercice. Votre bain chaud habituel peut donc encore faire l’affaire. Des chercheurs de l’Université John Moores de Liverpool ont en effet démontré que lorsque la température corporelle n’était augmentée que d’environ 0,6 °C, trois fois par semaine pendant six semaines, la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins, l’augmentation de la sensibilité à l’insuline (résultant en une utilisation plus efficace du glucose sanguin) et l’amélioration de la condition physique se vérifiaient toujours.

Femme lisant dans sa baignoire à la maison.
Vous n’avez pas besoin d’un sauna ou d’un jacuzzi, un bain procure déjà des bénéfices.
Ava Sol/Unsplash, FAL

Cela pourrait être lié à l’augmentation du flux sanguin vers la peau, qui n’est pas dépendante d’une température corporelle très élevée.

L’augmentation du flux sanguin entraîne une augmentation de la force de frottement entre le sang et l’intérieur des parois des vaisseaux sanguins, ce qui déclenche la libération de molécules dans la circulation sanguine. Lorsque cette situation se reproduit régulièrement des mois durant, ces molécules participent à la formation de nouveaux vaisseaux et réparent ceux qui sont endommagés. Cela peut contribuer à abaisser la pression artérielle et à augmenter l’apport d’oxygène et de glucose vers les muscles, ce qui pourrait diminuer le risque de maladie cardiovasculaire et améliorer la condition physique.

Nous sommes encore loin de pouvoir déterminer quelle thérapie thermique serait idéale pour améliorer la santé, mais il est possible qu’une quinzaine de jours de thérapie régulière en spa puisse réduire votre glycémie à jeun. L’amélioration de l’état des vaisseaux sanguins, quant à elle, semble plutôt nécessiter quelques mois.

Thérapie thermique ou exercice ?

Bien que les effets dépendent fortement de l’amplitude de l’exercice et du stimulus thermique appliqué, notre récente revue de littérature a révélé que l’exercice comme la thérapie thermique peuvent être bénéfiques pour la santé cardiovasculaire, en procurant des améliorations comparables de la condition physique, de la santé des vaisseaux sanguins, de la pression artérielle et de la glycémie. Il existe également des signes similaires d’améliorations de la fonction et de la structure de la paroi cardiaques, ainsi que de l’inflammation chronique de bas grade chez des populations de malades.

La protection contre les maladies cardiovasculaires mortelles est encore plus importante chez les personnes qui font régulièrement de l’exercice en plus de prendre fréquemment des bains, contrairement à celles qui font l’un ou l’autre indépendamment.

Sauna dans une salle de sport avec vue sur la mer.
Si votre salle de sport locale dispose d’un sauna, combinez l’exercice et le traitement thermique pour plus de bénéfices.
Karnavalfoto/Shutterstock.com

Cela est dû en partie au fait que la dépense énergétique d’une seule séance de sauna est généralement nettement inférieure à celle d’une séance d’exercice physique. On sait en outre que la gestion du poids dépend essentiellement du rapport entre l’énergie dépensée et l’énergie absorbée, ce qui signifie que seule utilisation d’un sauna ou d’un bain chaud ne sera pas d’une grande aide si votre objectif est de maigrir.

En outre, le fait de s’asseoir dans un bain ou un sauna ne nécessite évidemment aucun mouvement physique. Ainsi, vos muscles n’ont pas besoin de se contracter et vos os ne sont pas sollicités par les forces de réaction au sol de la marche ou de la course. Il est donc probable que la chaleur soit moins efficace pour améliorer la masse musculaire et la densité osseuse, deux facteurs très importants pour la santé, surtout à mesure que l’on vieillit.

Il me semble que la partie la plus intéressante de ces travaux concerne justement les personnes qui ne peuvent pas faire d’exercice, ou qui ont beaucoup de mal à s’y mettre. Lorsqu’une personne est incapable de faire de l’exercice, la thérapie par la chaleur – que ce soit via des bains chauds ou des saunas – pourrait être considérée comme une « thérapie d’accès » à une future pratique de l’exercice. En effet, la chaleur peut améliorer la condition physique et la capacité fonctionnelle.

C’est de ce fait également une méthode prometteuse pour les personnes chez qui l’exercice génère des douleurs, en raison de maladies chroniques par exemple. C’est notamment le cas de la maladie artérielle périphérique, dans laquelle les artères des jambes sont obstruées par des dépôts de graisse. Cette situation provoque une diminution du flux sanguin vers le muscle et une douleur intense. Étant donné que la chaleur augmente le flux sanguin, elle a dans ce cas un thérapeutique.

Diagramme montrant les fonctions de santé qui s’améliorent avec le bain/l’exercice.
Une comparaison entre l’exercice et le traitement thermique.
© Charles Steward, Author provided

Prendre un bain chaud après l’effort

L’inactivité physique est l’un des principaux responsables de la progression des maladies chroniques et, à terme, des décès prématurés dans le monde. De nombreuses personnes ne respectent pas les recommandations en matière d’activité physique. Cependant, le bon côté des choses est que 20 à 40 % des gens se livrent à une forme d’exercice structuré ou d’activité physique au moins une fois par semaine. Mais ce n’est pas suffisant. Il pourrait donc être très utile de maximiser les avantages pour la santé de petites quantités d’exercice.

J’étudie actuellement la possibilité de prolonger et d’intensifier les bienfaits de l’exercice en prenant un bain chaud après l’effort. Les données préliminaires que j’ai recueillies semblent prometteuses. Reste désormais à effectuer des mesures plus invasives, comme des analyses sanguines, afin de déterminer si l’application de chaleur après l’exercice peut augmenter le nombre de molécules circulantes impliquées dans l’amélioration de l’état des vaisseaux sanguins. Bien que ces travaux n’en soient qu’à leurs débuts, nous pensons qu’essayer de maintenir l’augmentation de la température corporelle après l’exercice permettrait probablement d’optimiser les bénéfices de l’exercice pour la santé.

Graphique linéaire montrant la fréquence cardiaque (vert) et la température (rouge).
Un graphique linéaire montrant la température centrale et les réponses de la fréquence cardiaque à 30 minutes de vélo d’intensité modérée suivies de 30 minutes de bain dans un bain chaud (40 °C), séparées par une période de repos de 15 minutes.
© Charles Steward, Author provided

Si le fait de sauter dans un bain chaud après l’exercice peut apporter de plus grands bénéfices pour la santé, faire de même pourrait s’avérer une option intéressante pour tous ceux qui ne sont pas assez actifs.

L’avenir de ces recherches

Les travaux scientifiques sur les bienfaits de la chaleur n’en sont qu’à leurs débuts. Des essais cliniques à plus long terme, sur une série de populations saines et malades, seront nécessaires avant que nous puissions commencer à comprendre comment exploiter pleinement son potentiel, en établissant les températures, les durées, les fréquences et les types de chauffage les plus efficaces pour améliorer des indicateurs de santé spécifiques, selon le groupe de personne considéré.

À ce jour, un grand nombre d’études visant à mettre en évidence des effets bénéfiques de la chaleur sur la santé ont poussé les participants jusqu’au point d’inconfort thermique. Atteindre des températures aussi élevées, pendant de longues périodes, est difficile à tolérer dans des situations réelles, hors laboratoire. Étant donné que l’adhésion à long terme sera à la base de tout bénéfice durable pour la santé de tels exercices, il sera essentiel de mettre au point des thérapies thermiques qui soient à la fois pratiques, tolérables et efficaces pour améliorer la santé. L’orientation de la recherche vers des méthodes plus pratiques et plus agréables garantira une meilleure adoption. Lorsque tous ces travaux auront été réalisés, espérons que les professionnels de la santé pourront un jour recommander l’utilisation de la chaleur indépendamment et parallèlement à l’exercice.

En définitive, si le sport reste le meilleur moyen d’améliorer sa santé, la recherche tend à indiquer que bains, sauna ou jacuzzi constituent des solutions alternatives ceux qui ne veulent – ou ne peuvent – faire suffisamment d’exercice. Je vais certainement continuer à sauter dans mon bain après mes séances à la salle de sport – et pendant mes jours de congé. Pourquoi ne pas tremper un orteil vous aussi ?



Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

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